Jérémy a toujours vécu avec sa mère et lorsqu’elle est décédée, il a hérité de la maison et d’un peu d’argent. Il ne fait donc rien de ses journées. Il a trop de temps libre. Il s’est fait vivre toute sa vie par sa mère et maintenant qu’elle est décédée il continue à se faire vivre par elle.

Il ne travaille pas et passe le plus clair de son temps à la taverne. C’est une boîte à surprise. On ne sait jamais ce qu’il va faire. C’est la « bébitte » du Lac Touchet. Il est intelligent, mais n’utilise pas son intelligence à la bonne place. Il est aussi figé dans le temps. 

Au secondaire, il était le gars le plus hot de l’école. Il était beau, cool et avait une Camaro flambant neuve. Le problème c’est qu’il n’a pas évolué, il a même la même Camaro et surtout… la même coupe de cheveux.

 

Bruno a 14 ans lorsque sa famille déménage en Afrique. Une année passée en République Centrafricaine sur les berges de l’Oubangui le transforme. Passé de l’enfance à l’âge adulte, Bruno ouvre ses yeux et ses oreilles. Il gratte parfois une vieille guitare et commence à s’exprimer au travers de la musique. De retour au Québec, il prend conscience du tourbillon d’idées, d’émotions et de questionnements qui l’habite. En quête de dialogue et d’ouverture, il va s’asseoir, durant trois ans, sur les bancs d’université. Il en ressort en 1994 avec un baccalauréat en philosophie, un gros mal de tête et aucune réponse claire. Rompant avec la vie académique, il entreprend une formation en théâtre.

La vie de scène et de coulisse lui va beaucoup mieux et c’est au contact du théâtre que Bruno développe véritablement sa fibre artistique. L’énergie de la troupe l’inspire autant que les textes des grands auteurs. Il se met à composer sérieusement et on lui demande de plus en plus souvent de sortir sa guitare. En 1999, il termine l’école et enchaîne les représentations. Tant dans le drame que dans la comédie, il se démarque par ses personnages singuliers et sa forte présence sur scène. Lauréat du prix du public du théâtre Denise-Pelletier (2001), Bruno est également de la distribution du très musical Vacarmes (2002) de Dominic Champagne, la célèbre suite de Cabaret Neiges Noires. Au petit écran, il participe à plusieurs productions importantes. Ses personnages loufoques ont récemment attiré l’attention du grand public dans les publicités de Vidéotron et des produits Plaisirs Gastronomiques.

La musique demeure la principale passion de Bruno. Avec les années, il a construit un répertoire vaste et varié. Ses textes portent une parole très personnelle à la fois imagée, poétique et urbaine. Ils reflètent les coups de gueule, la grande sensibilité et le sens de l’humour de l’artiste. On y retrouve des chats de gouttière, des femmes qui donnent des ailes, des défaites, des victoires et autres petites beautés de la vie. Musicalement, Bruno se réclame autant de Tom Waits que de Stevie Wonder. Alors qu’on s’attend à entendre un funk ou une ballade déchirante, le voilà qui débarque sur scène avec un reggae ou un rock bien lourd. Guitariste et pianiste talentueux, il a aussi exploré le mixage, l’orchestration et les arrangements.

En 2005, il a débuté une série de spectacles à Montréal. Bruno a été un des moments forts du Festival de la Chanson de Granby 2005 et remportait tout récemment le prix de l’auteur-compositeur-interprète de l’année au concours Ma première Place des Arts, où il a également reçu le prix Proute-Proute Machin. Il était de la programmation du tout dernier festival de la chanson de Tadoussac et du Festival de Saint-Siméon. En plus de travailler sur ses propres projets, Bruno a écrit pour d’autres musiciens, ainsi que pour la scène et le cinéma.

 
 
 
 
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